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POINT HEBDO-Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient toujours dans le collimateur des marchés
information fournie par Reuters 29/05/2026 à 13:58

Les efforts déployés par Téhéran et Washington pour prolonger le cessez-le-feu et rouvrir le détroit d'Ormuz continuent de dominer l'attention du marché, tandis que les données en provenance des États-Unis et de la zone euro devraient apporter davantage d'éclaircissements sur les répercussions économiques du conflit.

Les responsables indiens doivent faire face aux répercussions de la crise de la devise nationale et le club très select des entreprises technologiques dont la capitalisation boursière dépasse 1.000 milliards de dollars semble voué à s'agrandir.

Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir :

1/ LE MOMENT DE L'EMPLOI

Le prochain rapport mensuel sur l'emploi aux États-Unis mettra à l'épreuve les marchés, ainsi que le nouveau président de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh, à un moment où les investisseurs sont surtout attentifs aux pressions inflationnistes.

Selon un sondage de Reuters, les chiffres du mois de mai, qui seront publiés vendredi, devraient faire état d'un ralentissement de la création d'emplois, à 96.000 postes, et d'un taux de chômage de 4,3%.

Cela ferait toutefois suite à une création de 115.000 emplois en avril, un chiffre supérieur aux prévisions qui montre que le marché du travail continue de faire preuve de résilience.

Les données relatives à l'industrie manufacturière et aux services devraient apporter davantage d'indications sur la dynamique économique.

Le moindre signe de surchauffe pourrait perturber les marchés, car les craintes inflationnistes entraînent déjà une hausse des rendements obligataires.

L'inflation reste bien au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed à l'approche de la première réunion de Kevin Warsh en tant que président de la banque centrale américaine, prévue le 17 juin.

Les marchés estiment désormais qu'il y a plus de chances d'une hausse des taux que d'une baisse en 2026, malgré les appels du président Donald Trump en faveur d'un assouplissement de la politique monétaire.

2/ RÉPERCUSSIONS

Pour les responsables de la Banque centrale européenne (BCE), la question centrale est de savoir dans quelle mesure la hausse des prix de l'énergie alimente l'inflation globale.

Les chiffres de l'inflation de la zone euro pour le mois de mai, attendus mardi, devraient apporter quelques réponses, d'autant plus que le conflit au Moyen-Orient s'est prolongé suffisamment longtemps pour que des effets de second tour commencent à se manifester.

Les analystes tablent sur une inflation de 3% sur un an, mais de 2,2% si l'on exclut les coûts volatils des denrées alimentaires et de l'énergie.

La BCE semble déterminée à relever ses taux de 25 points de base en juin, mais les perspectives au-delà de cette date sont moins certaines. Les marchés monétaires anticipent au moins une, voire deux hausses supplémentaires cette année.

Tout dépendra de l'évolution de l'inflation. Philip Lane, chef économiste de la BCE, a averti que le choc énergétique pourrait s'avérer persistant et avoir des répercussions durables sur les prix, tout en soulignant qu'il diffère de la flambée d'il y a quatre ans, liée à la guerre en Ukraine et à la reprise post-COVID.

L'institut de Francfort a par ailleurs souligné dans une étude que les consommateurs de la zone euro sont désormais plus sensibles à l'impact économique des bouleversements géopolitiques comme la guerre au Moyen-Orient.

3/ BIENVENUE AU CLUB Le club des entreprises dont la capitalisation boursière atteint 1.000 milliards de dollars s'est encore élargi avec l'arrivée de la société sud-coréenne SK Hynix 000660.KS et de l'entreprise américaine Micron Technology MU.O .

Emmené par Nvidia NVDA.O , dont la valorisation dépasse les 5.000 milliards de dollars, ce groupe est dominé par des entreprises qui sont au coeur de l'essor de l'intelligence artificielle (IA).

Ces nouvelles entrées mettent en évidence la solidité du rallye tiré par l'IA, alors même que la guerre en Iran s'éternise et aggrave la crise énergétique mondiale.

Les investisseurs sont désormais confrontés à un dilemme bien connu : poursuivre une stratégie ou se préoccuper davantage du risque de concentration, les marchés les plus performants pouvant être les plus vulnérables si le sentiment des investisseurs venait à changer.

4/ LA ROUPIE AU PLUS BAS La dépréciation de la roupie indienne à des niveaux historiquement bas a alimenté les paris sur une hausse des taux le 5 juin, malgré les signaux indiquant que la Banque de réserve de l'Inde (RBI) est réticente à recourir à la politique monétaire pour soutenir la monnaie.

La roupie INR= a brièvement frôlé les 97 pour un dollar le 22 mai, avant qu'une intervention apparente de la banque centrale ne stabilise les marchés.

Sa forte dépendance au pétrole importé a exposé l'Inde à l'impact de la guerre en Iran, entraînant des sorties de capitaux et pesant sur la monnaie.

Si trois sources ont déclaré à Reuters que la RBI n'était pas pressée de relever ses taux, certaines grandes banques tablent sur une décision de ce type en juin.

Les opérateurs sont quant à eux divisés à parts égales entre ceux qui misent sur une hausse et ceux qui penchent pour le statu quo, même s'il est possible que certains aient été encouragés par la hausse surprise décidée il y a quelques jours par le Sri Lanka.

5/ ÉLECTIONS EN COLOMBIE Le premier tour de l'élection présidentielle organisé dimanche en Colombie devrait ouvrir la voie à un second tour le 21 juin prochain.

Le sénateur de gauche Ivan Cepeda, successeur désigné du président sortant Gustavo Petro, est placé en tête des intentions de vote, mais il semble peu probable qu'il remporte la victoire dès le premier tour, ce qui concentre l'attention sur ceux qui se qualifieront avec lui : la conservatrice Paloma Valencia, soutenue par l'ancien président Alvaro Uribe, ou l'outsider d'extrême droite Aberlardo de la Espriella.

Ivan Cepeda promet la continuité en matière de dépenses sociales, tandis que ses rivaux prônent une politique budgétaire plus stricte, des mesures incitatives favorables au marché et une ligne plus dure en matière de sécurité, un message qui a trouvé un écho dans toute une région qui vire à droite.

Le peso et l'action Ecopetrol, la compagnie pétrolière nationale, donneront un verdict immédiat.

Alors que le Brésil voisin s'apprête également à vivre une élection très disputée en octobre entre le président Luiz Inácio Lula da Silva et son rival de droite et ancien chef de l'État, Flavio Bolsonaro, le fond du débat est bien connu : les marchés se soucient moins de l'idéologie que d'une politique budgétaire crédible et de la maîtrise de l'inflation.

(Grafiques Mayank Munjal, compilé par Karin Strohecker, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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